Article écrit par Chanelle
18 Jul 2022 @ 7:54am
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S’il est si difficile de battre le marché, on peut légitimement se demander pourquoi les banques d’investissement, hedge funds et investisseurs professionnels consacrent autant de ressources au stock-picking. En effet, si les stock-pickers font au final moins bien que les investisseurs en ETF, cela n’aurait en effet pas de sens.

Figurez-vous que la solution pour réussir sur les marchés n’est pas si binaire que cela. En période de repli boursier persistant, investir en ETF vous fait perdre de l’argent. Il est donc impératif de faire cohabiter stock-picking et gestion passive. Nous vous expliquons comment et pourquoi.

Stock Picking ou ETF ?

Lorsqu’on investit en Bourse, deux écoles s’opposent : la gestion active et la gestion passive.

➞ La gestion active vise à faire mieux que le marché.

Un investisseur français voudra par exemple produire une performance supérieure à celle du CAC 40 et ses 40 actions.

Pour y arriver, il y a deux manières de s’y prendre :

  1. Le Stock Picking : « piquer » les meilleures actions dans le marché, selon une analyse de ses fondamentaux. Exemple : choisir l’action Société Générale au lieu de l’action Crédit Agricole car on pense que les filiales de la SocGen vont mieux performer en Asie et en Amérique du Nord que celles du CA.
  2. Le Market Timing : choisir de prendre position sur un titre à un moment et pas à d’autres. Exemple : attendre le retour du cours Société Générale sous son support annuel de 20 € car à ce niveau on aura un “bon point d’entrée”.

➞ La gestion passive vise à capter la performance du marché.

Souvent qualifiée de ”lazy investing”, l’investissement passif en Bourse consiste à se servir d’ETF, des instruments indexés sur un indice.

Un investisseur français voudra par exemple capter toute la performance du CAC 40 au moyen d’un ETF CAC 40.

Quelle méthode est la plus rentable ?

Pour faire simple :

  • Les ETF tendent à être plus rentables dans un contexte d’indices haussiers
  • Les fonds actifs basés sur le stock-picking tendent à surperformer dans un contexte difficile pour les indices

demotrading

➞ Tout dépend de la tendance des marchés

Malgré tout le battage médiatique autour des ETF, rien ne permet d’affirmer que les ETF font mieux que les fonds basés sur le stock-picking. Ni l’inverse.

  • Sur n’importe quelle période considérée, et sur n’importe quel indice de référence, il y a toujours plusieurs fonds actifs qui battent les ETF
  • Un ETF est seulement une garantie de capter a minima la performance du marché

➞ Le stock-picking plus rentable que les ETF ?

Un article du Financial Analysts Journal de 2017 et 2020 démontre même que les stock-pickers auraient produit 2% de performance supplémentaire face aux gestionnaires passifs.

Pas suffisant pour convaincre définitivement, mais le plus intéressant réside dans l’analyse.

❌ Les stock-pickers les moins performants étaient des faux-actifs : ils prétendaient avoir recours à des choix actifs, mais en réalité ne le faisaient pas.

❌ D’autres stock-pickers étaient des pseudo-actifs : en réalité, 60 à 80% de leur portefeuille reposaient sur des ETF suivant des paniers d’actions type Apple, Amazon, Meta, Microsoft, etc.

✅ Les stock-pickers réellement actifs étaient systématiquement plus performants que les investisseurs passifs.

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A quel profil s’adresse le stock picking ?

  • Les passionnés de bourse
  • Les amateurs d’actualité
  • Les profils analytiques

La stratégie de stock picking est réservée en priorité à ces profils avertis. Il y a deux raisons à cela.

✅ La sélection de titres et leur suivi sur la durée requiert du temps.

Il faut du temps pour se forger des convictions justes.

Il faut lire des notes d’analystes, examiner l’évolution des fondamentaux financiers, comprendre la dynamique du secteur, etc.

Grâce à l’analyse technique, on va pouvoir situer les différentes tendances des indices boursiers, puis faire le même travail sur un groupe d’actions.

Grâce à l’analyse fondamentale, on va filtrer les titres au moyen de différents ratios : PER, VE / EBITDA, Price to cash-flow, etc.

Le but est d’identifier soit des titres de croissance, soit des titres value, soit des titres suivant une stratégie spécifique (small caps, penny).

Comptez un travail de 2 à 3 jours sur chaque ligne de votre portefeuille !

✅ Investir sur une sélection limitée de titres est plus risqué.

Investir sur une sélection limitée de titres est plus risqué qu’avec un OPC ou un ETF contenant plusieurs dizaines voire centaines de valeurs sous-jacentes.

Il faut donc une bonne maîtrise du money management.

Que faut-il penser du stock picking ?

Avantages
  • Plusieurs styles possibles : l’univers d’investissement de l’investisseur actif est très large. Valuers décotées, valeurs de croissance, petites capitalisations, penny stocks, etc.
  • Systématiquement performante en période de repli boursier : en période de turbulences, les ETF chutent avec leurs indices. Seule la gestion active peut vous permettre d’enregistrer des plus-values
  • Les techniques de couverture : contrairement à un investisseur passif, un stock-picker peut protéger ses positions sur chaque action avec une option sur la même action ou un actif négativement corrélé.
  • La flexibilité : les stock-pickers peuvent acheter pratiquement n’importe quelle valeur tant qu’ils respectent les règles de money management
Inconvénients
  • Les frais de transaction sont potentiellement plus élevés : avec un ETF, on achète en une fois. Avec le stock-picking, il faut compter 0,10% de frais en moyenne par transaction
  • Exige une certaine expérience : impossible de se lancer en stock-picking en étant novice sur les marchés !
  • Activité chronophage : le stock-picking s’appuie sur des investissements de conviction. Or il faut du temps pour se forger des convictions en lisant des notes d’analystes, des publications de résultats financiers, des dossiers sectoriels, etc.

Le P/E ratio en stock picking

P/E ratio: c’est quoi ?

Le P/E ratio ou PER (price earning ratio) est le premier ratio qu’examinent ceux qui souhaitent investir dans une action.

Le PER mesure la cherté d’une action. En effet, le PER s’obtient en divisant :

  • Le cours par le bénéfice net par action, ou alors
  • Le bénéfice net par la capitalisation boursière

➞ Comprendre le PER : exemple 

L’action Air Liquide (Euronext : AI) affichait fin 2021 un PER de 27,50. On pourrait ainsi dire : le titre Air Liquide se négocie 27,50 fois son bénéfice.

Début 2022, le PER du titre est redescendu à 25,10.

Les analystes étant optimistes quant à l’amélioration des marges et par conséquent des résultats financiers du groupe.

On considère donc que les investisseurs sont prêts à payer 25,10€ aujourd’hui pour obtenir 1€ de bénéfices futurs.

L’équivalent d’un rendement de 4%, au taux d’intérêt actuel.

➞ La lecture du PER 

✅ Grâce au PER, on peut comparer différentes entreprises du même secteur d’activité.

Il n’y a pas de sens à confronter les PER de Total et de Bouygues. En revanche, confronter les PER de Renault et de Peugeot est tout à fait pertinent et utile.

✅ Plus le PER est élevé, plus un titre est cher. 

Le PER est essentiellement comparatif : une entreprise est plus ou moins « chère » ou « survalorisée » par rapport à des entreprises concurrentes. Le PER en lui-même ne dit pas grand-chose.

✅ Plus le PER est élevé, plus le potentiel haussier d’un titre est faible. 

P/E ratio: exemples sur le CAC 40

Entreprise PER
LES PLUS FAIBLES
Arcelor Mittal 2,50
Stellantis 5,10
Société Générale 6,30
Crédit Agricole 7,80
TotalEnergies 8,10
BNP Paribas 8,60
LES PLUS ELEVES
LVMH 34,30
Essilor-Luxotica 36,70
Safran 45,40
L’Oréal 48,30
Dassault Systèmes 58,40
Hermès 66,90

Comment utiliser ce ratio en stock picking ?

Il y a globalement 2 manières d’utiliser le PER en stock-picking :

  • Gestion « value » : cibler les petits PER
  • Gestion « growth » : cibler les PER élevés

➞ Actions sous-valorisées : cibler les petits PER

On parle de gestion « value » pour désigner la méthode de sélection des titres basées sur la recherche des PER les plus faibles.

C’est logique : un PER faible indique une action potentiellement sous-valorisée par le marché.

Si le bénéfice par action reste stable, un cours baissier se traduira par un PER plus faible.

Et si le bénéfice par action augmente, un cours stable n’empêchera pas non plus le PER de diminuer.

Ainsi le PER peut être faible de manière ponctuelle ou de manière récurrente.

L’idée en investissant dans un titre value est que celui-ci est ponctuellement décoté, et qu’il est amené à rebondir, ramenant une belle plus-value à l’investisseur.

Typiquement, il s’agit :

  • Des sociétés qui sont capitalisées en-deçà de leur valorisation historique moyenne,
  • Des sociétés qui rencontrent des difficultés temporaires, et sont délaissées par les investisseurs.

➞ Actions de croissance : cibler les PER élevés

On parle de gestion « growth » lorsque l’investisseur recherche les PER élevés.

Un PER de 50 peut paraître élevé mais rester attrayant pour un investisseur.

Il y a en effet deux scénarios possibles :

  • C’est la conséquence d’une forte croissance du chiffre d’affaires et des marges
  • C’est la conséquence d’un effondrement des bénéfices (d’où l’importance de croiser le PER avec d’autres ratios de la société)

Ici on s’intéressera aux entreprises avec des PER élevés de manière récurrente.

On considérera ces titres comme des valeurs de croissance, qui sont amenées à ramener rapidement une belle plus-value sur un horizon de quelques mois.

5 alternatives au P/E

Le P/E ou PER a peu de sens lorsqu’il est utilisé seul.

Il y a plusieurs ratios complémentaires qui doivent être utilisés en complément.

Indicateur / ratio Information
Price to Book Valeur « à la casse »
VE / EBITDA Valoriser la marge brute
PEG Valoriser la croissance des profits
Price to Cash Flow Evaluer l’autofinancement
Rendement Rendement du dividende

Examinons les trois premiers.

Price to book : la « valeur à la casse »

On appelle souvent le price to book « valeur à la casse ».

En effet, pour l’obtenir on ramène la capitalisation aux fonds propres de l’entreprise (total du bilan – dettes financières).

Ainsi le price to book fournit une information sur un éventuel écart qui existerait entre la valeur de l’entreprise sur le marché et la valeur nette comptable de ses actifs.

➞ Comment l’utiliser

Un price to book inférieur à 1 indique généralement une société sous-évaluée : elle vaut moins que la valeur comptable de ses actifs.

Très souvent cet indicateur est comparé avec un indicateur de rentabilité, pour avoir un indice sur les raisons de la sous-valorisation.

➞ Limites

Le ratio n’indique rien concernant le chiffre d’affaires et les bénéfices à venir.

VE/EBITDA : valoriser l’excédent brut

Comme sa formule l’indique, le ratio VE / EBITDA divise la valeur d’entreprise par l’EBITDA, qui est un indicateur de la marge brute réalisée par l’entreprise (EBITDA signifiant earnings before interest, taxes, depreciation and amortization).

La VE ou valeur d’entreprise s’obtient en additionnant

  • La capitalisation boursière
  • La dette nette

Typiquement, la VE correspond à un montant que devrait payer un investisseur souhaitant racheter la totalité des actions cotées en Bourse d’une société, en plus de régler la dette nette de celle-ci.

En clair, le ratio VE / EBITDA calcule combien de fois la VE capitalise la marge brute de l’entreprise.

➞ Comment l’utiliser

Plus le ratio est élevé, plus il y a un risque que l’entreprise soit survalorisée.

Mais il doit aussi être comparé à un ratio VE / EBITDA moyen du secteur.

Pour affiner son analyse, on calcule également des variantes : VE / EBIT, VE / Chiffre d’affaires ou encore VE / Cash Flow.

➞ Limites

Sans un ratio VE / EBITDA moyen pour le secteur, difficile de bien situer la valeur obtenue sur l’entreprise analysée.

PEG : valoriser la hausse des profits

Le PEG ou price/earnings growth établit une relation entre le cours d’une action, le bénéfice par action et la croissance attendue des bénéfices de la société.

Le ratio est obtenu en divisant le PER estimé pour l’année en cours (disons N), par le taux de croissance annuel du bénéfice par action.

De façon générale, un PEG dépassant significativement 1 suggère que l’action est survalorisée.

Ainsi un PEG dans un intervalle 0,90-1,10 est associé à une valorisation correcte.

➞ Comment l’utiliser

Le PEG permet de relativiser un PER visiblement trop élevé.

Une entreprise qui voit ses profits augmenter de manière modeste mais stable dans le temps affiche souvent un PEG fort.

Exemple : si une action affiche un PER de 30, et que la croissance de ses bénéfices soit attendue à 20 % pour les 3 années à venir, elle affichera un PEG de 1,5 (= 30/20).

Vous avez affaire à une valeur chère, puisque le PEG est très supérieur à 1.

➞ Limites

Le PEG est basé sur une croissance prédite / attendue des bénéfices : il y a forcément une incertitude.

Le PEG n’est pas suffisant : il doit être complété par le PER et une analyse des bénéfices futurs.

Les bonnes pratiques en stock picking

Il faut bien comprendre qu’on parle de stock-picking uniquement dans le cadre d’un investissement à long ou moyen terme.

Demo Trading

On parle de « buy and hold », c’est-à-dire qu’on achète, conserve pour revendre à terme. C’est l’opposé du trading, qui lui consiste à acheter et revendre rapidement.

Regarder l’historique de l’entreprise

Quelle que soit la méthode de stock-picking retenue, l’historique de l’entreprise constitue la base pour se forger une conviction sur un titre.

Et par historique, on entend plusieurs choses :

  • L’historique de gouvernance
  • L’évolution à 5 ans (ou 10 ans) des fondamentaux tels que le chiffre d’affaires, l’EBITDA, le résultat net, le bénéfice par action
  • L’historique du cours de Bourse
  • L’historique des notes d’analystes sur le titre et la société
  • Etc.

➞ Approche bottom-up

Le stock-picking peut se faire selon une approche bottom-up : de bas en haut.

En clair, on part d’un choix de titre à la base (bottom) parmi les valeurs que l’on juge les plus prometteuses après avoir étudié leur historique.

Ensuite ce choix est validé ou invalidé par les tendances sectorielles, puis les tendances économiques conjoncturelles (up).

➞ Approche top-down

L’approche inverse est qualifiée de top-down : de haut en bas.

On se base d’abord sur les évolutions de marchés, de taux ou de secteurs intéressantes.

Dans chaque secteur qui est prometteur, on examine ensuite quelles sont les sociétés qui présentent les fondamentaux les plus intéressants.

Attention aux communiqués

En stock-picking, les communiqués et les publications de résultats financiers sont des éléments-clés.

Ils permettent de repérer des titres et de modifier ses positions actuelles au besoin.

La « saison des résultats »

La « saison des résultats » correspond en réalité à quatre moments dans l’année :

  • Avril : résultats du 1er trimestre
  • Juillet : résultats semestriels et du 2ème trimestre
  • Octobre : ceux du 3ème trimestre
  • Janvier : résultats annuels et du 4ème trimestre

Bien entendu, il y a des variantes selon les pays et les entreprises.

En France par exemple, SODEXO publie ses résultats financiers annuels vers la mi-novembre, car son année comptable se termine fin août.

Aux États-Unis, APPLE clôture également son année comptable fin août.

Hit or Miss

L’écart des résultats par rapport aux attentes est l’élément qui tire le cours d’une action à la hausse ou à la baisse.

Une société réussit (hit) ou rate (miss) ses objectifs.

Lorsqu’elle surpasse les prévisions des analystes, le cours devient fondamentalement haussier grâce à un afflux d’acheteurs.

Dans le cas contraire, il subit une correction faible ou forte, selon la force des pressions vendeuses sur le titre.

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Faut-il se diversifier ?

Oui, il est impératif de diversifier son portefeuille d’actions pour trouver un bon couple rentabilité-risque. Pour faire simple : soit on vise les meilleurs rendements pour un certain niveau de risque, soit on vise le niveau de risque le plus faible pour un certain niveau de rendement.

Il y a plusieurs manières de le faire :

  • Par région ou zone économique (diversification géographique)
  • Par secteur (diversification sectorielle)
  • Par facteurs de risques (diversification par taux d’intérêt, par momentum du marché d’action)

Si la diversification par facteurs de risques est complexe, la diversification géographique et la diversification sectorielle peuvent être réalisées par un investisseur particulier.

La diversification géographique

La diversification géographique évoque l’idée de miser sur des valeurs issues de :

  • De régions différentes : Amérique, Europe et Moyen-Orient, Asie, États-Unis et l’international
  • De régions à des stades différents de développement économique : marchés développés, émergents et naissants.
  • De devises différentes

La diversification géographique vise à exploiter des écarts de croissance économique, des écarts de valorisation et des écarts liés à la force de différentes devises.

Ces écarts se mesurent moyen de corrélations.

➞ Exemple de diversification géographique

Par exemple, les coefficients de corrélation entre les marchés d’actions des Etats-Unis et ceux de la France sont aujourd’hui proches de 0,80. En 1974, ils n’étaient que de 0,11 !

⛔️ Investir à la fois sur des valeurs du S&P 500 et du CAC 40 n’est pas un bon moyen de diversifier.

En revanche, la corrélation entre les marchés d’actions américains et les marchés africains ne dépasse pas 0,3.

✔️ Investir à la fois sur des valeurs du S&P 500 et des parts de capital-investissement en Afrique est théoriquement une excellente opération de diversification.

La diversification sectorielle

Au sein d’un même indice ou d’une même zone, certains secteurs évoluent dans des directions opposées.

La diversification sectorielle évoque l’idée d’investir dans des valeurs issues de secteurs évoluant dans des directions non corrélées.

Elle vise à exploiter des différences de tendance : en moyenne, on estime qu’une tendance haussière ou baissière d’un secteur donné dure 14 mois.

Là encore, les coefficients de corrélation entre secteurs sont l’outil privilégié pour détecter les meilleures opportunités de diversification.

➞ Exemple de diversification sectorielle

Par exemple, l’indice américain des sociétés du secteur « Energie » S&P/TSX a perdu 4 % en 2021, alors que l’indice des sociétés technologiques a augmenté de 17 %.

✅ Investir à la fois sur des actions de majors pétrolières et des GAFAM (Google-Apple-Facebook/Meta – Amazon – Microsoft) est théoriquement une excellente opération de diversification.

Comment éviter les erreurs en stock picking ?

Nos conseils pour éviter les écueils du stock-picking :

  • Avoir une thèse d’investissement
  • Investir uniquement dans les secteurs que l’on maîtrise
  • Une bonne analyse et un bon timing
  • Faire attention à la « value trap »
  • Faire attention aux frais

Exchange Traded Funds

Avoir une thèse d’investissement

Le premier piège de l’investisseur actif est de faire un investissement sans conviction – ne pas avoir de thèse d’investissement.

Plus qu’un conseil, c’est un impératif : pas d’investissement sans avoir analysé les raisons d’une valorisation faible ou trop élevée.

Il faut donc avoir des convictions à deux niveaux :

  • Des convictions par rapport au contexte de marché
  • Des convictions par rapport à la société

Les convictions par rapport au marché global sont essentielles, et elles se fondent sur des analyses.

Exemple : le PER de différents indices boursiers (car le PER se calcule aussi pour un indice).

✅ Les indices comme le Nasdaq affichent un plus haut PER. Les valeurs du Nasdaq se paient beaucoup plus cher car il s’agit très souvent d’actions de sociétés disruptives.

✅ Les indices européens ont des PER plus raisonnables : le DAX 40 a un PER plus élevé que le CAC 40, qui lui-même est mieux valorisé que le MIB 30 italien.

✅ A l’heure actuelle, le CAC 40 se paie 16,50 fois ses bénéfices à douze mois. Sa moyenne sur 10 ans se situe à 14,40.

Il faut donc comprendre ces niveaux moyens, souvent liés à la puissance industrielle d’un pays, pour se forger une conviction.

Et par la suite, justifier ou non une valorisation.

Même chose pour les convictions sectorielles. 

Elles se fondent sur une compréhension du secteur. Or celle-ci ne se construit pas en une demi-journée, il faut y passer du temps.

D’où notre conseil suivant.

Investir uniquement dans les secteurs qu’on maîtrise

Le deuxième piège du stock-picking est celui de l’analyse technique : trop se fier aux analyses de tendance et investir sur un titre sans en comprendre les fondamentaux.

Car contrairement aux autres marchés (Forex, Cryptos), les marchés d’actions sont essentiellement guidés par :

  • Des facteurs internes aux entreprises, et plus précisément leur perception par les marchés
  • Des facteurs conjoncturels, à l’image des indicateurs économiques prédictifs tels que le PMI Composite

N’investissez dans un secteur que si vous en savez suffisamment sur les facteurs qui font monter et baisser les cours des actions dans ce secteur, chiffres et exemples historiques à l’appui.

Eléments qui font monter le cours d’une action (exemples)

  • Publication de résultats financiers supérieurs aux attentes
  • Un plan stratégique plus ambitieux que prévu
  • Un rendement du dividende qui augmente régulièrement depuis 5 ans
  • Une OPA (offre publique d’achat) avec un prix d’achat plus élevé que le cours actuel de l’action.
  • Une opinion favorable (« Acheter », « Conserver ») émise par un analyste

Eléments qui font baisser le cours d’une action (exemples)

  • Augmentation de capital et dilution des actions existantes
  • Suspension ou suppression du dividende
  • Publication de résultats financiers inférieurs aux attentes
  • Révision à la baisse des objectifs de la société
  • Une opinion défavorable (« Vendre », « Réduire ») émise par un analyste
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Une bonne analyse et un bon timing

Un mauvais timing d’achat est un autre piège du stock-picking basé sur la recherche des valeurs décotées.

En effet, trouver des sociétés sous-valorisées est facile.

Ce qui est plus difficile en revanche, c’est de comprendre les racines de leurs difficultés et les éléments qui permettront à l’action de revenir à ses niveaux normaux constitue un autre exercice.

Car il y a toujours deux possibilités lorsqu’on est investisseur value sur un titre :

  • L’investissement est ponctuel : on investit avec l’intention de conserver le titre quelques mois seulement, comme lorsqu’un titre est sanctionné à la suite d’une mauvaise publication
  • L’investissement va durer plusieurs années :  lorsqu’on a identifié le catalyseur du retour du titre à ses plus-hauts (par ex : changement de dirigeant, cession de filiales déficitaires), mais que cela prendra du temps

Dans les deux cas, le timing est essentiel.

En achetant trop tôt, la décote risque de s’éterniser.

En achetant trop tard, on se prive d’une bonne part des bénéfices.

Faire attention à la « value trap »

La « value trap » est un autre piège pour un stock-picker misant sur les valeurs sous-cotées.

On peut traduire la « value trap » par le piège des actions sous-valorisées et avec un faible PER.

C’est ce qui arrive lorsqu’on investit dans des titres pas chers, apparemment sous-valorisés, mais dont le retour à une valorisation normale n’intervient jamais.

Nos conseils pour ne pas tomber dans ce piège :

  • Comprendre que les valeurs de croissance peuvent à un moment donné se transformer en actions value : mais l’inverse est très rare
  • Ne pas moyenner à la baisse : cette pratique qui consiste à acheter davantage d’une action lorsque son prix chute. Comme le dit un dicton de la Bourse, « on ne rattrape pas un couteau qui tombe »

Il est donc préférable de se débarrasser d’une valeur dès lors que plusieurs signes objectifs montrent que vous vous êtes trompés dans votre analyse.

Faire attention aux frais

Les frais sont le denier piège du stock-picking.

Normalement, un achat sur les places Euronext vous coûtera 0,10% par ordre chez un courtier traditionnel.

Chez un courtier comme eToro ou XTB, les achats d’actions sont gratuits. Quelle que soit la place de cotation.

Il est donc préférable de privilégier ces courtiers avec une politique zéro commission.

On pourrait se dire qu’un si petit écart ne fait pas de différence… Mais si on considère cette différence sur une durée de 15 ou 20 ans, en y ajoutant les intérêts composés, la différence sera énorme !


Conclusion

Plutôt que d’opposer stock-picking et ETF, les meilleurs investisseurs combinent en réalité les deux.

Et pour au moins deux raisons :

⚠️ La distinction entre stock-picking et ETF est largement artificielle.

Elle est en réalité utilisée pour faire la promotion des ETF et plus généralement des produits de gestion passive.

Les ETF ne sont pas de mauvais instruments financiers, mais on voit rapidement leurs limites en période de repli boursier persistant. En effet, les ETF répliquent des indices, et sont efficaces pour capter la performance de ces indices lorsque ceux-ci sont haussiers.

❌ Mais l’utilisation d’un ETF ne répond pas à des questions telles que : « quelles limites de risques dois-je fixer ? », « quel poids donner à telle ligne dans mon portefeuille ? ».

Or en matière de risque financier il ne faut pas être passif ! Bien au contraire.

⚠️ Dans l’absolu, rien ne permet d’affirmer que les ETF permettent de produire de meilleures performances que le stock-picking. Ni l’inverse.

  • Sur n’importe quelle période considérée, et sur n’importe quel indice de référence, il y a toujours plusieurs fonds actifs qui battent les ETF
  • Un ETF est seulement une garantie de capter a minima la performance du marché

➞ Au final, les meilleurs investisseurs préfèrent donc combiner les deux pour construire un portefeuille avec un couple rendement-risque optimal.

➞ Très concrètement, si l’objectif est d’investir sur le NASDAQ, que ce soit par le biais d’un ETF Nasdaq ou d’un fonds actif Nasdaq est un souci de second ordre. L’objectif de l’investissement prime sur les instruments utilisés.

La stratégie prévaut sur les outils et la tactique.

68% des comptes des investisseurs de détail perdent de l’argent lorsqu’ils tradent des CFD avec ce fournisseur. Vous devez vous demander si vous pouvez vous permettre de prendre le risque élevé de perdre votre argent.
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Les questions fréquentes de nos utilisateurs

Le stock-picking s’adresse avant tout aux investisseurs avertis. D’abord parce qu’il faut du temps pour se forger des convictions en lisant des notes d’analystes, des publications de résultats financiers, des dossiers sectoriels, etc. Ensuite parce qu’investir sur une sélection limitée de titres est plus risqué qu’avec un OPC ou un ETF contenant plusieurs dizaines voire centaines d’actions sous-jacentes.

Pour faire du stock-picking, l’investisseur en actions doit s’appuyer à la fois sur l’analyse technique et l’analyse fondamentale. Grâce à l’analyse technique, il va pouvoir situer les différentes tendances des indices boursiers, puis faire le même travail sur un groupe d’actions. Grâce à l’analyse fondamentale, il va filtrer les titres au moyen de différents ratios : PER, VE / EBITDA, Price to cash-flow, etc. Le but est d’identifier soit des titres de croissance, soit des titres value, soit des titres suivant une stratégie spécifique (small caps, penny).